19 Sep 2018

Une Product Owner craque après avoir été relocalisée entre deux développeurs

Etre PO c'est collaborer avec des gens... PARDON ?

Une Product Owner craque après avoir été relocalisée entre deux développeurs

C’est un vibrant témoignage, mais aussi un cri d’alarme. Séverine, ancienne chef de projet digitale, a pu réaliser son rêve : devenir Product Owner, à la suite d’une formation de 3 jours pour apprendre à écrire des User Stories. “Un monde incroyable s’ouvrait à moi”, dit-elle. Pensant que sa carrière avançait dans la bonne direction, elle s’est énormément investie pour écrire plein de User Stories.

Mais le rêve s’est vite transformé en cauchemar. Séverine raconte :

Je croyais qu’en devenant Product Owner, j’allais évoluer. Faire des ateliers de design thinking avec des post-its avec le métier et des coachs. En réalité, j’ai eu l’impression de régresser quand mes interlocuteurs se sont avérés être des développeurs.

Tout a commencé avec des micro-réunions tous les matins avec des développeurs. Puis des réunions toutes les deux semaines avec eux. Il fallait planifier avec eux, “groomer” avec eux, faire des démos avec eux et des rétrospectives avec eux. Avoir autant de contacts directs avec eux est très troublant. Ils viennent même me voir en direct sans prendre rendez-vous. Avant, j’avais un assistant chef de projet pour faire l’interface. Maintenant je dois tout faire moi-même !

Séverine, d’un naturel jovial, a perdu petit à petit l’envie de se lever le matin. La coupe est devenue pleine quand le Scrum Master a organisé son changement de place dans l’open space, entre deux développeurs de l’équipe (avant elle était dans l’open space des chefs de projet, ndlr). Au bord de la crise de nerf, le choc a été si fort que son médecin l'a mise en arrêt maladie durant deux mois.

Quand nous lui demandons ce qu’elle compte faire à son retour d’arrêt maladie, Séverine répond, avec un ton teinté de tristesse : “Je cherche à rebondir, mais ma carrière est brisée. Comment pourrais-je valoriser mon CV après une telle régression ?”

Par Raphaël Geneteix